Changement de ville, changement de vie, retour aux sources pour moi, dans mon village de Saint Mitre les Remparts, nouveau départ pour ma compagne
Caroline. Les pieds dans l'eau, au bord de la Mer de Berre, à Massane... Exit donc mon ancien blog http://istres.over-blog.com...
Respelida... renaissance
Ce matin, j'ai poussé le portillon de mon jardin, celui qui s'ouvre sur les rives de l'étang de Berre...
Je me suis assis, là, pour savourer un morceau de matinée, comme ça, la sécheresse qui sévit interdit les rejets d'eau douce de la centrale EDF de Saint Chamas, principale fautive de l'agonie de
l'étang. Ce matin, je me retrouve propulsé 40 ans en arrière, j'avais 15 ans, l'étang était un paradis terrestre. Ce matin, après plusieurs jours de Mistral, le calme est revenu, et l'eau affiche
la limpidité d'un lagon tropical.

Il me prend à rêver d'un jour où, l'homme aurait décidé de tout mettre en oeuvre pour sauvegarder les trésors de la vie, où l'homme aura compris qu'on ne peut pas être et avoir, que des choix
sont à faire, qu'on ne joue pas impunément avec le fragile équilibre naturel. Depuis quelques années, les méduses rentrent à nouveau dans la mer de Berre, c'est plutôt bon signe. Verrais-je de
mon vivant les thons et les marsouins emprunter le chenal de Caronte pour venir s'ébattre dans l'étang?
Ce matin, l'eau était limpide, les rochers noirs de jeunes moules... l'étang a retrouvé ses poumons ; pour combien de temps, pour combien d'étangs ?






Vissé dans les sols calcaires de Provence depuis la nuit des temps, le tronc noueux des amandiers semble vouloir projeter ses racines jusqu'au coeur de
Gaïa... A la recherche d'une eau rare, ses branches porteront très tôt dans la saison de délicieux amandons frais qu'on ira chercher fébrilement au coeur de leur coque encore verte. L'amandier,
symbole du printemps au milieu d'un hiver clément ici en Provence, l'amandier, symbole de la virginité avec sa belle parure de fleurs blanches... Lorsque nous étions enfants, nous nous
installions volontiers à l'ombre d'un amandier, dès le printemps venu, pour croquer les délicieux amandons immatures ... Et lorsqu'une coque contenait deux amandes, nous faisions vite un voeux,
sans oublier de crier... "phillipine"...
Un amandon qui nous conduisait tout droit au pays des rêves... là où tous les voeux se réalisent, là où l'homme est ami avec les hommes, là où l'homme ne connaît pas la guerre, là où l'harmonie
règne dans la nature, où l'amour fleurit au bord des chemins
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